Chaque semaine, un enfant meurt sous les coups de ses parents
La maltraitance envers les enfants reste une réalité massive en France. Les données les plus récentes rappellent qu’un enfant meurt chaque semaine sous les coups de ses parents. Ces chiffres ne couvrent qu’une partie de la réalité : les morts violentes d’enfants, les violences intrafamiliales et les situations de danger restent encore difficiles à comptabiliser précisément.
114 500 mineurs victimes de violences physiques enregistrées en 2025
En 2025, 114 500 mineurs ont été enregistrés comme victimes de violences physiques par les services de police et de gendarmerie. Plus d’un mineur sur deux victime de violences physiques l’a été dans le cadre familial.
Ces données confirment une progression préoccupante : les violences physiques enregistrées envers les mineurs ont augmenté de 10 % en un an. Elles s’inscrivent dans un contexte où la parole se libère davantage, mais où de nombreux enfants restent encore invisibles des dispositifs de protection.
Le harcèlement scolaire, une violence massive et sous-estimée
Le harcèlement et le cyberharcèlement touchent désormais toutes les classes d’âge. Selon le baromètre e-Enfance / 3018 publié en 2025, 37 % des jeunes de 6 à 18 ans déclarent avoir été touchés par le harcèlement ou le cyberharcèlement. Dans 71 % des cas, les faits ont lieu au sein de l’établissement scolaire.
Les conséquences psychologiques sont lourdes : 25 % des victimes déclarent avoir déjà pensé à se faire du mal ou au suicide, un chiffre qui atteint 39 % chez les filles.
La judiciarisation progresse fortement : les parquets ont enregistré 530 affaires de harcèlement scolaire en 2022, 3 500 en 2023, puis 6 100 en 2024. Cette hausse traduit à la fois une meilleure prise de conscience, une libération de la parole et un recours plus fréquent à la justice.
160 000 enfants victimes de violences sexuelles chaque année en France
Selon la CIIVISE, 160 000 enfants sont victimes chaque année de violences sexuelles en France, soit près de 438 enfants par jour, ou un enfant toutes les trois minutes. Dans 77 % des cas, ces violences surviennent au sein de la famille.
Les violences sexuelles sur mineurs restent très largement sous-déclarées. Seules 6 % des victimes de viol déposent plainte. En 2025, le ministère de la Justice rappelait que les procédures restent longues et complexes : une procédure pour viol peut durer plusieurs années avant d’aboutir à une décision judiciaire.
Les chiffres enregistrés par la police, la gendarmerie ou la justice ne représentent donc qu’une fraction de la réalité. En 2025, les services de sécurité ont enregistré 76 200 mineurs victimes de violences sexuelles, soit environ 209 mineurs par jour. Ce chiffre correspond aux faits connus des autorités, et non à l’ensemble des violences réellement subies.
49 363 enfants en danger ou en risque de danger évoqués auprès du 119 en 2024
Le 119 — Allô Enfance en Danger — a recensé en 2024 près de 49 363 enfants en danger ou en risque de danger évoqués dans les sollicitations traitées. Ce volume est en hausse de 13 % par rapport à 2023.
Les violences psychologiques sont les dangers les plus fréquemment cités : elles apparaissent dans 44 % des situations traitées. Elles devancent les négligences, citées dans 37 % des cas, et les violences physiques, citées dans 34 % des situations.
2,3 millions de mineurs exposés chaque mois à des sites pornographiques
L’exposition des mineurs à la pornographie en ligne constitue également un enjeu majeur de protection de l’enfance. Selon l’Arcom, 2,3 millions de mineurs fréquentent chaque mois des sites pornographiques. Dès 12 ans, plus de la moitié des garçons se rendent chaque mois sur ces sites.
Depuis la mise en œuvre progressive des dispositifs de vérification d’âge, l’Arcom observe une baisse du temps passé par les 12–17 ans sur les sites concernés. Entre novembre 2024 et novembre 2025, les mineurs y ont passé 35 % de temps en moins. Ces premiers résultats restent à confirmer dans la durée.
Un problème de santé publique
La maltraitance envers les enfants n’est pas seulement une question familiale, sociale ou judiciaire : c’est un problème majeur de santé publique.
Les violences physiques, psychologiques, sexuelles, les négligences, le harcèlement et l’exposition à des contenus inadaptés ont des conséquences profondes sur le développement de l’enfant. Elles peuvent provoquer des troubles psychotraumatiques, anxieux, dépressifs, des difficultés scolaires, des troubles de l’attachement, des conduites à risque, des addictions, des idées suicidaires et des difficultés relationnelles durables.
L’Organisation mondiale de la santé rappelle que la violence contre les enfants peut affecter leur santé, leur survie, leur développement et leur dignité. Protéger les enfants suppose donc de mieux repérer les violences, de mieux accueillir leur parole, de renforcer les signalements, de former les professionnels et de garantir une réponse judiciaire, sociale et médicale adaptée.
Sources utilisées pour sécuriser la mise à jour : CIIVISE pour les 160 000 enfants victimes de violences sexuelles chaque année, le ministère des Solidarités pour le chiffre d’un enfant mort chaque semaine sous les coups de ses parents, le ministère de l’Intérieur pour les violences physiques et sexuelles enregistrées en 2025, le 119 pour les situations d’enfants en danger, e-Enfance/3018 et le ministère de la Justice pour le harcèlement, l’Arcom pour l’exposition des mineurs à la pornographie en ligne, et l’OMS pour la qualification en enjeu de santé publique.

